Thierry Henry est passé à côté de sa saison au Barça. A la rue tactiquement, perdu dans un système inadapté à son jeu, vieillissant, le français n'a pas été à la hauteur des espoirs (fantasmes ?) placés en lui. La déception aurait été moindre si chacun avait consenti à regarder la réalité en face et à écouter l'intéressé : le Titi des Gunners est resté à Londres. Henry ne sera plus le joueur qu'il a été.
Trois possibilités s'offrent à lui : il doit s'adapter à un nouveau rôle, comme Bergkamp en son temps à Arsenal, faire profil bas et rejoindre une équipe de second rang ou raccrocher les crampons. Ca c'est pour la réalité.
Pour le reste, les médias ibériques ont été souvent injustes avec lui. Thierry Henry a été professionnel toute la saison, il a essayé. Le blâmer et l'ériger en bouc-émissaire d'une saison ratée est une aberration alors que l'équipe dirigeante est seule fautive de la déception suscitée par Henry cette saison. Seule fautive parce que coupable d'avoir fantasmé qu'il aurait le même rendement qu'à Arsenal.
Si ils ne sont pas renversés avant par une motion de censure, Laporta et ses gars s'apprêtent d'ailleurs à remettre ça en recrutant David Trézéguet, autre serpent de mer de la présidence Laporta. 4 ans qu'il le veut et il finira par l'avoir, même aux portes de la retraite. Comme Henry. C'est l'acharnement des dirigeants catalans à recruter ce-dernier qui est à l'origine des commentaires sans pitié de la presse et des supportes à l'égard du français.
Pourtant, à l'inverse de ses dirigeants, Thierry Henry et son égo surdimensionné l'ont joué profil bas. Discret, travailleur, professionnel et appliqué quand d'autres dansaient de boîtes de nuit en discothèques ou couraient les fêtes de la côté Catalane. S'il n'a pas jamais été l'étincelle allumant le brasier du triomphe dans les moments difficiles, Thierry Henry a au moins été un membre du groupe à part entière quand d'autres, Eto'o et Deco pour ne pas les nommer, ont semé la discorde en privilégiant leurs intérêts personnels, menacant le club de faire leurs valises si il n'y avait pas de titres à la clé, oubliant que plutôt que de se répandre en saillies désunificatrices, c'était à eux de faire le nécessaire pour les gagner ces titres. Les joueurs au service du Barça et pas l'inverse.
A Barcelone, Henry a confirmé sa dernière saison à Arsenal : il est sur la fin. Sans surprise pour quiconque, et surtout pas pour Arsène Wenger qui sait parfaitement retenir ses joueurs tant qu'ils sont en pleine possession de leurs moyens et de leur talent. Si Thierry Henry s'en est pris plein la gueule c'est donc principalement parce qu'en tant que recrue star de la saison 2007-2008, il symbolise mieux que quiconque l'échec de cette saison pleine d'espoir. Mais vous et moi, on sait que ce n'est pas comme ça et au fond, 12 buts en 30 matchs c'est pas si mal pour un joueur plus proche de la fin que du début.